Période estivale et faible débit de la Loire

Période estivale et faible débit de la Loire

Comment fonctionne la centrale de Belleville-sur-Loire en période estivale lorsque le débit de la Loire est faible ?

Nombre d’habitants riverains de la Loire se sont posés des questions concernant le fonctionnement de la centrale en période de basses eaux estivales, ce qui est le cas cette année.

Deux problèmes sont à prendre en compte :

  1. Le débit de la Loire qui détermine les rejets liquides produits par la centrale
  2. La température de l’eau

Souvent, comme lors de la canicule d’août 2003, les deux problèmes se juxtaposent et peuvent contraindre l’exploitation de la centrale.

Revenons à l’année 2020 : le débit de la Loire mesuré à Gien, qui sert de référence pour les centrales installées en bordure de Loire, a été inférieur le plus souvent à 60 m3/s depuis le mois de juin et encore jusqu’à fin août.

Ainsi, dès que ce débit est inférieur à 60 m3/s à Gien, les centrales se coordonnent pour effectuer leurs rejets : elles sont en état de veille. Cette coordination est assurée par la centrale nucléaire de Saint-Laurent-des-eaux (41) qui supervise l’ensemble des rejets dans la Loire.

Lorsque le débit de la Loire est compris entre 30 et 50 m3/s à Gien, les rejets d’effluents liquides font l’objet d’une information préalable auprès de l’Autorité de Sûreté Nucléaire (ASN).

Si le débit est inférieur à 30 m3/s (référence de Gien), la centrale de Belleville-Sur-Loire est placée en état de pré-alerte. Les rejets liquides ne sont plus autorisés et sont stockés sur le site en attendant un retour de valeurs de débit en Loire plus importantes.

A titre d’exemple, la centrale de Chooz située sur la Meuse dans les Ardennes a dû être arrêtée préventivement le 24 août 2020 du fait d’un débit relevé inférieur au minimum requis par les accords transfrontaliers entre la France et la Belgique.
Lors d’un été marqué par la sécheresse, les barrages de Villerest sur la Loire et Naussac sur l’Allier soutiennent l’étiage et compensent la baisse de débit par des apports d’eau continus. Ce soutien d’étiage permet de conserver un débit suffisant compatible avec le fonctionnement des centrales même si avec le réchauffement climatique, les climatologues envisagent une baisse de 30% des débits des cours d’eau en 2050.

C’est le cas cette année, en 2020, où un débit suffisant a pu être maintenu. Les centrales en Loire ont seulement été mises en état de veille.

Le deuxième problème à prendre en compte est l’échauffement du cours d’eau qui conditionne aussi le fonctionnement de la centrale. Entre le 1er juin 2020 et le 31 juillet 2020, l’échauffement maximal relevé en Loire en aval de la centrale de Belleville-sur-Loire a été de 0.22°C.

Rappel de la limite réglementaire d’échauffement : 1° (à ne pas dépasser par l’exploitant).

Cette limite d’échauffement peut être portée à 1.5C si le débit du fleuve est inférieur à 100m3/s et si la température de l’eau en amont est inférieure à 15 C.

A titre d’exemple, la centrale de Golfech (sur la Garonne) a été arrêtée 24h du 12 au 13 août pour respecter les limites de rejets thermiques.

Extrait arrêté de rejet

Les rejets d’effluents radioactifs liquides sont autorisés lorsque le débit de la Loire est supérieur à 30m3/s et inférieur à 1500m3/s. Lorsque le débit de la Loire est compris entre 30m3/s et 50m3/s, les rejets ne peuvent être pratiqués qu’après information préalable de l’ASN.

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