17 avril 2013

Quels sont les risques pris en compte ?

507 visite(s)

Les récent événements ayant eu lieu au Japon ont permis de mettre au jour des failles dans la prise en compte des risques liés aux Centrales Nucléaire.
Qu’en est-il à Belleville sur Loire ?

Que se passerait-il en cas de tremblement de terre ?

Le risque sismique a été pris en compte dès la conception de la centrale de Belleville. D’après les niveaux retenus, la centrale peut résister à un séisme de magnitude de 4,9 sur l’échelle de Richter : c’est 2 fois le niveau du plus grave séisme connu dans la région sur les 1000 dernières années (séisme pris en compte : 1579 dans la région de St Amand Montrond).

La centrale de Belleville est équipée d’un système de détection et d’enregistrement des séismes qui permet de détecter toute vibration sismique sur le site.
En cas de séisme ressenti sur le site, les opérateurs présents en salle de commande sont chargés de la surveillance en continu de l’installation et sont préparés à prendre la décision sur un arrêt manuel des réacteurs.

JPEG - 27.9 ko

Travaux de renforcement des installations

De nombreux renforcements ont été mis en place ces dernières années à la centrale de Belleville. Quelques exemples :
-  Remplacement des chevilles d’ancrage sur les supports importants pour la sûreté ;
-  Amélioration de l’installation existante qui consiste à faire chuter les grappes de commande en cas de détection d’un séisme et suspendre la réaction de fission nucléaire dans les réacteurs ;
-  Rénovation de la baie électronique de surveillance de l’activité sismique ;
-  Renforcement de la tenue au séisme de l’armoire qui mesure la température et le flux dans le cœur du réacteur ;
-  Renforcement des ancrages au sol des bâches de stockage d’eau borée qui permettent d’alimenter les circuits de sauvegarde ;
-  Renforcement de la tenue au séisme des écrans en salle de commande.

L’ASN contrôle régulièrement ces dispositifs et EDF réalise des améliorations de ses installations sur la base de ses recommandations.

Surveillance des installations

En phase d’exploitation, les installations font l’objet d’une surveillance permanente vis-à-vis des situations de séisme. Cette surveillance est assurée par des capteurs qui permettent de détecter la moindre vibration sur le site. Ces systèmes sont reliés à la salle de commande de la tranche afin de prendre immédiatement les mesures nécessaires. Situés dans le bâtiment réacteur, dans les bâtiments des auxiliaires nucléaires, en salle de commande et en extérieur, ces capteurs ont des caractéristiques techniques fixées par des préconisations réglementaires.

Et en cas d’inondation ?

Différentes protections existent :
Les protections ceinturantes
-  Digue, rideaux de palplanches métalliques et portes étanches ont été réalisés en périphérie du site.
Objectif : limiter les entrées d’eau sur le site pour permettre une meilleure accessibilité.
Les protections volumétrique :
-  Périmètre de protection autour des îlots nucléaires et station de pompage.
Objectif : Garantir le repli et le maintien à l’état sûr des tranches en cas d’inondation du site.

Ce qu’il faut retenir pour Belleville

A la crue historique de 1856 à 7 000 m3/sec, on ajoute :
-  La rupture du barrage hydraulique de Villerest près de Roanne
-  Les conditions de « tempêtes » type 1999 avec l’incident du CNPE du Blayais
-  La majoration de calcul

soit 14 200 m3/sec

Quels sont les actions possibles en cas de sécheresse ?

La centrale de Belleville peut être amenée à faire face à deux facteurs :
-  le réchauffement de l’eau des fleuves du fait de fortes chaleurs
-  la baisse du débit des fleuves du fait de la sécheresse
Les situations où l’on observe le cumul de ces deux facteurs sont tout à fait exceptionnelles.
C’était le cas de l’été 2003.

Les acteurs de l’étiage

La stratégie publique de soutien d’étiage :
-  La DREAL (Direction Régionale de l’Environnement de l’Aménagement et du Logement) de Bassin prépare la décision
-  le Préfet de bassin décide après consultation du CGRNV-ES (Comité de Gestion des Réservoirs de Naussac et Villerest et des Etiages Sévères) dont EDF est membre
La mise en œuvre :
-  La DREAL assure le suivi des débits naturels et décide des lachures à réaliser
-  EDF DTG et DREAL croisent leurs analyses
-  L’exploitant du barrage réalise les manœuvres
-  EDF et EP Loire partagent leurs programmes d’exploitation
L’objectif d’EDF :
-  Garantir la sûreté nucléaire en toutes circonstances
-  Maîtriser le risque d’arrêts de production par contrainte externe
La Sûreté reste primordiale :
-  En dessous de 50 m3/s à Gien : baisse de la production. Il faut minimum 13 m3/s pour refroidir le combustible en toute sécurité.
-  Arrêt éventuel d’une ou deux unités de production si nécessaire.

Quelles sont les garanties d’une alimentation électrique constante pour faire fonctionner les réacteurs ?

La centrale dispose de cinq sources d’alimentation électrique. Une seule suffit pour garantir le fonctionnement des matériels de sûreté.

La Centrale de Belleville est-elle protégée en cas de chute d’un avion ?

A l’époque de la conception de la centrale de Belleville (mise en service en 1988), ce paramètre n’était pas pris en compte, seul, les avions de l’aérodrome de Cosne ont été prévus en cas d’accident.
Il y a peu de chance qu’un avion tente de s’écraser sur un réacteur, point trop précis pour la taille de l’avion, sinon c’est à la défense nationale de gérer le problème.
Après 2001, les nouvelles générations de centrales tiennent compte de ce risque.

Quelles sont les protections en cas d’intrusion ?

Plusieurs points de contrôle existent avant d’accéder au réacteur. Les militants de Greenpeace sont parvenus par deux fois à pénétrer à l’intérieur de l’enceinte du CNPE.
La première fois, ils ont escaladé une tour de refroidissement et peint la mention "NON A L’APR" sur la paroi de cette tour.
La seconde fois, en atterrissant en deltaplane sur le toit du bâtiment réacteur. Jamais ils ne sont parvenus à rentrer dans un endroit vital pour la sécurité.
Depuis septembre 2012, un PSPG ( Peloton spécialisé de protection de la gendarmerie) de 38 militaires protège en permanence la centrale.

La mission de ces PSPG, également formés aux risques nucléaires, est de prévenir les intrusions ainsi que les actes terroristes et de malveillance. Ils assurent une surveillance continue des centrales et de leurs abords et doivent être en mesure d’intervenir très rapidement en cas de problème.

Un PSPG constitue le premier cercle de protection d’une centrale. En cas de besoin, il peut avoir recours au groupement départemental de gendarmerie, voire, si la situation l’exige, à l’équipe d’alerte du GIGN, qui, fort d’une trentaine d’hommes, peut intervenir en moins de deux heures sur site nucléaire visé par une attaque.

[top]